Michèle Belaiche

 

Michèle Belaiche

du 15 May 2019 au 15 June 2019

Quelques mots sur l'expo et son artiste

« Je suis entrée en 1974 chez Didier Aaron. La maison occupait alors un hôtel particulier avenue Raymond Poincaré, dans le XVIe arrondissement. Du sous-sol au 3e étage, c’était une véritable ruche. Le rez-de-chaussée, le premier et le deuxième étage étaient consacrés aux meubles du XVIIIe siècle, aux peintures et aux dessins anciens. Le troisième étage était celui d’Alain Demachy et de Jacques Grange, entourés d’une équipe de dessinateurs. Au sous-sol était installé le département contemporain avec une boutique Carl, où étaient vendues les créations de décorateurs : les canapés, les meubles en laque, les miroirs dessinés par Jacques Grange et Alain Demachy, les moquettes David Hicks, les tissus Fortuny, tout cela dirigé par Françoise Dorget qui créera plus tard les boutiques Caravane. »
Après plusieurs années passées à la boutique, Michèle devient l’assistante de Jacques Grange et assiste à son ascension. Au fil du temps, la collaboratrice devient l’amie, vie privée et vie professionnelle ne faisant plus qu’un. « Je l’ai suivi dans tous ses voyages, Grande-Bretagne, Grèce, Etats-Unis, Arabie saoudite… » Elle partage l’aventure du Château Gabriel à Deauville pour Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, la restructuration à l’hôtel Lambert d’une partie occupée par Marie-Hélène de Rothschild, les travaux pharaoniques pour une cliente américaine qui souhaitait reconstituer à Los Angeles une réplique du pavillon de La Lanterne à Versailles… Sans oublier la décoration de la maison de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan.
Sa relation avec la chanteuse se transforme en profonde amitié. Une amitié qui décide de son destin : « Elle m’a présenté un de ses amis qui est devenu mon mari, pour mon plus grand bonheur. Avec ce mariage, j’ai mis un terme à ma vie parisienne et nous nous sommes installés en Provence. J’ai tourné la page de la décoration pour me consacrer à la peinture. »

Michèle Belaiche commence par expérimenter une technique méthodique de guilloché, traçant une multitude de petits traits noirs, très serrés les uns contre les autres, créant un effet d’ombre et de lumière. Elle aborde ensuite une période dite rectiligne à travers un jeu de grandes lignes transversales aux couleurs vives, rendues encore plus vibrantes par le guilloché. Ces lignes se croisent par endroit, provoquant une explosion joyeuse d’énergie colorée. Dans la période la plus récente, qu’on baptisera Libre, les couleurs se sont atténuées. Elles colorent de grandes masses anguleuses qui semblent rechercher entre elles un équilibre précaire. Ces formes sont comme suspendues dans le temps et l’espace, uniquement retenues par le très fin filet de multiples entrecroisements.
« Je suis incapable de définir ce que je fais et pourquoi je le fais. C’est un travail méditatif fait de lignes qui se croisent et se recroisent, avec toujours des milliers de petits traits, ces minuscules petits traits qui m’aident à me tenir debout. »