Patrice Calmettes

 

Patrice Calmettes

du 12 April 2017 au 06 May 2017

Quelques mots sur l'expo et son artiste

Passionné depuis toujours de photographie (son grand-oncle était ami et mécène d’Eugène Atget), Patrice Calmettes, alors qu’il n’a pas encore 20 ans, se voit proposer par Diana Vreeland de devenir photographe pour Vogue USA. Une complicité qui durera plusieurs années avant qu’Andy Warhol lui demande de collaborer pour Interview.

Après toutes ces années de vie cosmopolite et de débordements, Patrice Calmettes se réfugie dans un travail sur l’intemporalité. Portraits, architectures, paysages, sont autant de sujets qui nous situent aux racines de notre civilisation occidentale. La plupart de ses photos ont été prises à Ibiza, île méditerranéenne de passage d’excès et de quiétude, depuis l’époque phénicienne.

Méticuleux et solitaire, ses noirs et blancs sont stylisés et quelque soit le sujet, ils gardent une dimension classique, esprit partagé avec Robert Mapplethorpe. Ce dernier était un jeune homme inconnu de 18 ans, Patrice Calmettes fut alors ébloui par son talent dès qu’il entra dans son studio. Le plus souvent il travaille à l’Hasselblad, ses photos sont graphiques, toujours en lumière naturelle (ses noirs sont lumineux) et d’une grande élégance. Ses photos ont la force des images qu’on mémorise au premier regard.

Dans les photos de Patrice Calmettes, on rencontre des célébrités, des icônes de la nuit, despaysages mystiques, des chiens Anubis et des « bad boys »… Ces voyous au visage d’ange,croisés au détour d’une flânerie nocturne ont une place unique dans son exploration de la beauté fortuite.
Mais aujourd’hui, gros plan sur des « bad birds » : les corbeaux. Pour un temps, ils ont détrôné les héros « glam-trash » dans l’univers de Patrice Calmettes. Ils ont un atout précieux : leur mauvaise réputation.
Fasciné par leur intelligence, le photographe a choisi de célébrer ces forbans ailés, qui se déplacent en bande. Au fil de ses promenades parisiennes, il est devenu leur ami, les a approchés et s’est fait accepter d’eux, pour mieux les immortaliser.
Le résultat est une étonnante série de photos de grand format (100 x 75 cm), où le mouvement des oiseaux, leur reflet dans l’eau, les couleurs comme aquarellées, produisent un effet saisissant. Le traitement quasi pictural en fait des œuvres uniques. « Je voulais donner l’impression de pigments anciens. » Et Patrice Calmettes de préciser qu’il n’y a aucune retouche, aucune intervention de Photoshop. Les tirages ont été réalisés au laboratoire Central Dupon, sur un précieux papier texturé.
A New-York, Ibiza ou Paris, c’est le halo de mystère enrobant les êtres, les animaux ou la nature, que cherche à capter Patrice Calmettes.