Simon Bocanegra

 

Simon Bocanegra

du 18 October 2017 au 15 November 2017

Quelques mots sur l'expo et son artiste

1949 : Naissance à Lyon le 22 avril. Enfant de la DDASS il est placé dans un orphelinat.
1964 – 1968 : Durant quatre années, suit des cours au CREPS pour devenir professeur d’éducation physique et intègre une petite bande qui a essaimé à partir du FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire). Rencontre Hélène Hazéra et Michel Cressole qui le conseillera dans ses lectures.
1968 : Part aux Etats-Unis avec un visa de deux mois et travaille comme strip-teaseur avec une partenaire dans un numéro nommé « Love Act » car il s’agit de mimer l’amour.
1969 : Réalise ses premières images à Hawaï avec un appareil Pentax. Dès lors, il photographie toutes ses partenaires, ses rencontres, les spectateurs. Il se familiarise avec les arrière-mondes de la nuit, les loges, les backstages.
1978 : Son retour en France coïncide avec l’ouverture du Palace. Très vite adopté par Fabrice Emaer et reconnu à l’entrée par l’hôtesse et physionomiste Paquita Paquin, il est l’un des photographes attitrés du lieu. Désormais, invité permanent des soirées parisiennes, Il croise et photographie avec un Nikon de nombreuses personnalités.
1982 : Couvre la tournée de Divine. A l’aéroport, on lui vole une valise contenant toutes les images de son reportage.
1984 – 1987 : Vit à New York au Jane West Hotel.
Photographie les bijoux du joaillier Jacques Gastaldi, créateur de la marque Ylang-Ylang.
Collaboration avec l’artiste Charles Serruya sur le thème des ombres chinoises.
Rencontre avec Jean-Paul Beaujard qui deviendra l’un de ses mécènes.
Rencontre amoureuse avec Judy Taylor. Ils partent vivre leur idylle à la Nouvelle Orleans.
Filme une vidéo de James Chance interprétant au saxo un grand standard « The Foolish Things » accompagné de la gestuelle sensuelle de Judy Taylor.
1988 : Le luxueux magazine L’un des sens lui commande un portrait en noir et blanc d’Alain Weill pour illustrer son article sur les cigares de Cuba.
1989 : Est invité à New York par Paul Steinitz, l’un des propriétaires de la galerie avant-garde Prisunic, à exposer des portraits de personnalités parisiennes. Arrivé sur place, il rencontre les transsexuelles sur le trottoir de la 14ème rue (ouest) qui deviennent ses copines. Il les prend en photo et les intègre à son projet. Les 31 portraits sont présentés dans de grandes boîtes lumineuses. Cette exposition événement lui vaut un article dans The New York Times.
1990 : Emménage au 52 rue René Boulanger près de la place de la république. Cette adresse met fin à des années de vagabondage.
1991 – 1992 : Rencontre l’écrivain Claude Louis-Combet qui devient un grand ami. Avec cet interlocuteur privilégié, il partagera sa passion pour les mots.
Photographie en backstage le défilé vintage de Didier Ludot dans la cour de la bibliothèque nationale.
1992 – 1993 : La nuit se déplace à Londres. Va régulièrement aux fabuleuses soirées Kinky Gerlinky où Leigh Bowery se livre à ses performances de style.
1995 : Le 26 septembre, publie le portrait de son ami Michel Cressole illustrant un article de Libération consacré à l’annonce du décès du journaliste.
1996 : Voyage à Venise, en Espagne et séjourne à Tel-Aviv où il est invité par le couple Paul et Christine Steinitz.
2000 : Expose « Portraits de nuit » à la galerie Serge Aboukrat Place de Furstenberg.
Réalise le catalogue Arnys diffusé en supplément du magazine Monsieur.
2003 : Participe à une exposition collective au restaurant Man Ray, organisée par son égérie Christine Mingo sur le thème « A detail from la constellation de la grimace ».
2004 – 2005 : Son ami Edouard Baer lui offre une caméra avec laquelle il réalise à New York un documentaire sur Quentin Crisp diffusé sur la chaîne Arte. Au Portugal, il fait un court-métrage intitulé « La mort ne m’aura pas vivant » mettant en scène un tandem surréaliste.
2011 : Met fin à ses jours le 12 décembre à son domicile

Simon Bocanegra (1949-2011) est un portraitiste, un photographe de la nuit de grand
talent. Son mode opératoire toujours identique, un bras levé vers le ciel avec son
flash et de son Nikon, il saisit l’instant.
Simon est heureux lorsqu’il photographie : c’est sa vie.
Amateur de scandales, de beautés androgynes et de personnes âgées il est aussi
le témoin visuel de ses amis et d’un monde underground.
A Paris, New York, Londres et Tel Aviv il capture l’image toujours sur un fil.
Son sentiment d’être un mal aimé, traces de son enfance, est démenti par les
nombreuses preuves d’appréciation et de soutien qu’il a reçu au cours de sa vie.
La qualité des images témoigne de l’instinct d’un perfectionniste, elles sont belles,
magiques et immortelles. Très cultivé, il lit sans relâche dans son nid d’aigle à côté
du cirque des filles du Calvaire.
A propos de son livre tellement désiré il en écrit une dédicace :
« De la parthénogénèse ou coincedentia oppositorum
Volontiers dédicacerais-je cet ouvrage aux coeurs en chaleurs, aux dépourvus de
miroir, aux vérités du masque, aux guerriers « qu’en dira-t-on », aux passions volcaniques
du profond futile, à toutes les fougues, aux âmes enceintes d’elles-mêmes,
aux immortelles glamours, aux jouvences millénaires, au désirs sans objet, à
toutes les gloires du oui, et, puisque m’y voici à vous sublime A.
Redoutant de m’aventurer dans les méandres de l’alphabet, je choisis de m’arrêter
à la première lettre sur laquelle je buterais. Et ce fut A.
A. habiterait mon centre A. serait Androgyne. »